Chemin de Compostelle – Voie de Vézelay : Jour 1

Chemin de Compostelle : le départ

Cette nuit j’ai très peu dormi… L’appréhension de partir seule en rando, de ne pas savoir comment l’itinéraire va se dérouler, si j’ai pensé à tout et si mon corps et mon moral tiendront le coup.
La peur de ne pas dormir suffisamment m’empêche de dormir.
7:05, je suis dans le train régional entre Saint-Geours (40) et Saint-Vincent-de-Tyrosse (40). J’ai la tête dans le gaz, le ciel est couvert et j’espère qu’il ne pleuve pas, car je n’ai pas de vêtement de pluie.
Malgré l’envie, j’ai un gros doute quant à la réussite de mon expédition.
La chambre d’hôte qui devrait m’accueillir pour la première nuit est réservée et se trouve à 40 km du départ. Je me rends compte que la distance est grande…


J’arrive en gare de Saint-Jean-Pied-de-Port et je remonte le Chemin de Compostelle par la voie de Vézelay à l’envers, du Sud au Nord. Les randonneurs partent tous dans le sens opposé, je suis soulagée de savoir que je marcherai seule. Les seules personnes que je croiserai viendront de face et les échanges resteront brefs.
Le balisage de Compostelle et du GR 654 est propre, difficile de s’y perdre.

Le Pays Basque en solo !

Je découvre le Pays-Basque par ses sentiers et ce que je vois est magnifique, le paysage est vallonné, vert, avec un ciel bleu ou gris. Le soleil perce les nuages et sublime le paysage.
Un orage éclate au loin et reste coincé entre deux petites montagnes, je ne le croiserai jamais et tant mieux car je n’étais pas équipé pour. J’apprendrai le soir-même qu’il était à quelques km de moi, que les randonneurs ont du s’abriter dans une grange ou marcher sous l’eau pendant une partie de l’après-midi. J’ai compris que ma première journée aurait pu être beaucoup plus éprouvante que celle que j’ai vécu.

Les gens croisés sont gentils. Ils se saluent, ils ont le sourire aux lèvres.-C’était vraiment sympa à découvrir et observer. Je suis étonnée par cette hospitalité, gentillesse.
J’ai aussi croisé beaucoup de pèlerins dont le cheminement prend une tournure spirituelle. Certains venaient d’Orléans, de Belgique, de Landes. Ce soir-là je partagera un dortoir avec une dame marchant depuis Orléans. Elle était aguerrie par le parcours, mais manquait de tout… Pas de dentifrice, ni de lingette. Elle taxe. Je comprends le cheminement mais à quel prix ? Elle me disait qu’aujourd’hui elle arriverait à Saint-Jean-Pied-de-Port, que c’est une joie pour elle, mais aussi une étape pour atteindre Compostelle. Elle avait les larmes aux yeux. Elle craignait aussi de retourner à son quotidien à Orléans. Cette dame me fait de la peine. Je l’ai senti au bout d’elle-même…
Cette dame était accompagnée d’un jeune homme de 17 ans, Pierre. En compagnie de son chien (Pirouette je crois). Tous les 3 marchaient depuis des semaines.

Durant cette première journée j’ai parcouru des chemins de hautes herbes en vallée et dans les sous-bois, j’ai traversé des bois où la moindre zone d’ombre était envahie par des essaims de mouches en recherche de fraîcheur. Car je marche en plein mois d’août, et il fait chaud, très chaud.. Les pas sont lourds et le sac à dos pèse un âne mort. Je ne croise aucun commerce pour m’acheter à boire ou à manger. Je m’arrête de plus en plus souvent pour faire des pauses, manger un bout de pain énergétique qui me donne soif… Je finis par croiser un restaurant qui accepte de me faire un sandwich. Je poursuis les kilomètres et entre dans une forêt, qui sera interminable à mes yeux…
Je commence vraiment à souffrir.. En haut d’une grande montée j’arrive dans un village et remplis ma gourde d’eau au robinet de l’église.
Le prête m’expliquera que j’ai encore quelques heures de marche (mais il est déjà 17:00 !!!) avant d’arriver au prochain village. Il m’explique qu’en haut de la prochaine petite montagne se trouve une petite chapelle dans laquelle je peux dormir. Je repars donc dans l’idée de poser ma tente là-bas.
Je marche, je marche, je marche. Je monte et je monte.. En haut de ce mont, je tombe sur un camp d’entrainement de parachutistes… Impossible pour moi de me poser là… Il y a trop de monde…
Et pourtant, la vue est à couper le souffle ! D’ici rien n’est impossible, il suffit de gravir les montagnes !
Peu importe, je repars.. déçue et fatiguée.. Donc je parcours l’autre versant, et descends, descends… c’est interminable, j’ai soif, j’ai mal partout…
J’ai fini les 2 derniers kilomètres en auto-stop pour arriver à Saint-Palais (64).

Je dors ce soir dans un gîte dominicain, dortoir que je partage avec 2 autres personnes. Je me suis surestimée et ai sous-estimé le parcours.
J’au bien envie de poursuivre donc je ne vois que ce moyen !

Je commence à souffrir de marcher

Épuisée, je suis cassée de partout. Mon sac est beaucoup trop lourd pour le parcours, j’ai beaucoup souffert.
Mes pieds sont gonflés, j’ai mal au dos et au bassin.
Je donnerai à la charité mais fringues de trop, ma toile de tente (tant pis..), mes lingettes, je jetterai une partie de mon produit à lentille et je retirerai tout ce qui peut apporter du poids.
Je profiterai d’un lit, d’une nouvelle nuit très courte en raison d’un feu d’artifice et d’une fête de village sous ma fenêtre.. et je repartirai le lendemain pour de nouveaux kilomètres.


A ne pas faire :

  • laisser ses fringues sécher dehors la nuit (= humidité assurée)
  • prendre un sac trop lourd (= inconfort absolu)

Pour retrouver l’organisation de mon parcours sur le Chemin de Compostelle par la voie de Vézelay
Saint Jacques de Compostelle : le début d’un voyage

Jour 2 :
De Saint Palais à Orion

Jour 3 :
De Orion à Orthez

3 commentaires Ajouter un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s