Je me sens seule, et alors ?

Le confinement a figé dans le temps les envies. La productivité, l’envie de se bouger, d’accomplir quelque chose d'(in)utile, se diffusent au fil des jours qui passent et se ressemblent.
Les idées apparaissent aussi vite qu’elles disparaissent, pour ne laisser la place qu’à la paresse, au vide, aux perspectives. Grosse déprime ?

Non, non ! Tout va bien, on a le droit de ressentir ces sentiments.

Après tout, les pensées amènent les sentiment qui amènent à l’action.
Si le flot de pensées se fige, il n’est pas anormal de rester bloqué au fond de son canapé (et de ses ambitions).
Et puis, peut-être que vous ne vous reconnaissez pas dans cette sinistrose, peut-être que pour vous le confinement ne change rien à votre vie ou au contraire vous permet de souffler. Et ça, c’est super cool !

Quoique que l’on fasse, c’est ok. C’est ok de s’agacer, de s’énerver, de se laisser aller, de péter un plomb, de ne plus parler, d’avoir une logorrhée, d’être (contre-)productif, de se trouver de nouvelles passions, de créer, de détruire et de reconstruire (ou pas), d’aimer, de se détester, de pleurer, de rire, d’avoir peur, d’oser, de se laisser aller.
Confinement ou pas confinement, toutes ces émotions nous appartiennent. On a le droit de les vivre, de les ressentir, de les partager.

J’écoute régulièrement les podcasts de Louie Média (si vous ne les connaissez pas, je vous encourage à visiter leur site – le lien se trouve à la fin de mon billet), bien calée au fond de mon bain en pleine cure ayurvédique. Le thème de leur sujet Émotions parlait de la solitude.
En pleine période de confinement le sujet interpelle.

Lorsque je pars en randonnée ou en voyage, j’aime partager ces moments et j’aime tout autant être seule. Mes amis me disent qu’ils ne pourraient pas partir seuls. La sécurité est la principale crainte, puis l’ennui ou le besoin d’être accompagné.
Je pense qu’ils n’ont jamais tenté l’expérience, vivre des moments uniques loin de tous et de tout, permet de les vivre plus intensément, de se retrouver, de se sentir plus forte et indépendante.

Je n’aime pas pour autant voyager seule, mais lorsque j’ai un coup de mou, je prépare mon sac et je pars. N’importe où, mais il faut que je m’isole pour y voir plus clair.
Pour autant, je fuis la solitude, j’aime être entourée d’amis, d’être avec mon fils, j’aime partager, parler, rire, faire la fête.

Je partage mes lectures cela peut aider dans la compréhension de soi, des autres et ainsi mieux vivre ses émotions.
Je vous mets les sources en page de l’article.

Les formes de solitude

Il existe 3 formes de solitudes, en tout cas, 3 formes identifiées :

  • Vivre seul.e
  • L’isolement
  • Le sentiment de solitude

La vie seul(e)

La vie en solo peut être passagère ou non, elle est souvent issue d’une séparation / divorce ou d’un veuvage. Dans la majorité des cas, ce sont les femmes qui vivent en solo et gèrent seules leurs petits.
Qu’elles subissent ou non la situation, car on peut tout à fait décider de vivre seule, avec ou SANS enfant. Avoir des enfants dans la vie d’une femme n’est pas une finalité, et bon nombre de femmes décident de ne pas avoir d’enfant dans le but de s’épanouir dans d’autres domaines. D’autre part, on peut tout à fait être maman, et décider de vivre en solo avec son enfant (Hello it’s me !).

Je parle de maman, mais je connais aussi des papas solos, qui vivent très bien leur vie avec leurs petits et ne souhaitent pas repartager un foyer.

Vivre seule avec son petit représente tout un tas d’avantages que l’on ne vit pas lorsque l’on est en couple. Alors, je modère parce qu’être parent solo quand son petit est vraiment « petit », est relativement galère et les seuls moments de détentes sont tolérés dans une fourchette de quelques heures (la nuit et encore…). Les enfants ont un radar à emmerdes, quand tu as passé une journée pourrie, ils savent le reconnaître et ils font en sorte que ça continue encore un peu. Yeah !

Pour autant une vie sociale est encore possible 🙂 J’ai passé de très bonnes vacances en trek avec mon fils, en partageant mon séjour avec d’autres parents solos (ou non) ayant des enfants du même âge.
Non seulement ces séjours permettent de rencontrer du monde, de créer du lien, de découvrir d’autres cultures et aussi de souffler un peu (parce que son lardon va courir ailleurs !!!)

Plusieurs agences proposent des circuits tout fait. Pratique et vous avez l’assurance de rencontrer du monde :

Vous en trouverez pleins d’autres en région, et moins connu sur les Google et compagnie.

En résumé, on peut vivre seul(e) par choix (individualité, études, …), suite à une rupture (concubinage, divorce, rupture vis-à-vis de la société entraînant une marginalisation …) ou à un veuvage.
Tant que vous avez choisi votre situation, enjoy !

L’isolement relationnel

L’INSEE nous a dénombré à quoi tient l’isolement relationnel.

L’isolement se caractérise par « un nombre d’interlocuteurs hebdomadaires inférieurs à 4 » (famille, boulot, amis, affinités et voisinage).

L’isolement relationnel touche surtout les personnes-âgées et les personnes en situation de handicap, les chômeurs et les bas revenus (< 1200€/mois).
La situation de confinement actuelle rend les choses encore plus difficile à vivre pour certaines personnes…

Si vous souhaitez venir en aide aux personnes en difficultés, démunies, seules, la mairie de Bordeaux a mis en place un site de mise en relation :

Je participe Bordeaux

Ça serait cool que ces initiatives se poursuivent même après l’épidémie de Covid 19.

Le sentiment de solitude

Nous sommes plus de 6 millions en Français à ressentir le sentiment de solitude, sans compter sur le confinement lié à l’épidémie de Covid-19 qui doit faire exploser les statistiques.
Le sentiment de solitude peut très bien survenir alors que nous sommes entourés, lors d’un repas entres amis, une soirée, etc.. Ce n’est pas parce que l’on n’est pas seul(e) que l’on ne peut pas ressentir de solitude.
Je suis certaine qu’à un moment dans votre vie vous vous êtes senti la personne la plus seule au monde, incomprise alors que tout le monde gravite autour de soi sans se rendre compte de rien.

Les personnes passant + de 2h par jour sur les réseaux sociaux, se sentent plus seules que les personnes n’y passant que 30 min.
La réflexion est faite sur l’incidence de passer son temps sur les réseaux parce que l’on se sent seul ou l’inverse.
Mais les personnes qui visitent très fréquemment les réseaux (+ de 58 fois / semaine) ont 3 fois plus de risques de se sentir seules.

Plusieurs effets de cet isolement et ce sentiment de solitude : le repli sur soi, le mal-être voire un facteur explicatif de suicide (davantage pour les hommes que pour les femmes), le sentiment d’insécurité, la méfiance au regard des autres, la défiance face aux institutions.

Les femmes, les 18 – 35 ans et les + de 80 ans sont les plus touchés par la solitude. Je rappelle au passage que les personnes de + 65 ans sont les plus sujets au suicide..
D’autre part, les personnes subissant des violences conjugales ou familiales prennent en pleine face ce sentiment de solitude.

Le #NousToutes relais sur les réseaux sociaux les démarches pour sortir de cet isolement et ces violences.

Pour se faire aider :

  • Une nouvelle plateforme mise en place par le gouvernement : Arrêtons les violences
  • Un site : Solidarité Femmes
  • Et dans la région Bordelaise : Maison des Femmes de Bordeaux
    Pour avoir rencontré le collectif qui intervient, les actions sont nombreuses et les personnes impliquées.
  • Un numéro : 39 19
  • Une alerte SMS déclenche l’intervention de la police : 114

Enfin, parlez-en à un(e) ami(e), un(e) collègue, un(e) proche, ne restez pas dans le silence

La solitude n’est pas une fatalité, elle peut même être positive !

Si le sentiment de solitude a été choisi, et non subit, alors il est vécu comme « un élément de bien-être permettant l’autonomie de l’individu ».

L’autonomie est considérée comme essentielle pour saisir les opportunités de la vie, mobiliser ses compétences et s’affirmer.

Robert CASTEL – Sociologue

Sans confiance en soi, l’individu connaît des difficultés à se diriger soi-même.

Alain EHRENBERG – Sociologue

Etude sur la solitude comme approche de l’autorégulation affective

Une recherche sur la compréhension de la solitude a été menée aux Etats-Unis pour démontrer que la solitude (zéro communication, zéro stimulus) a un effet de désactivation des émotions par la diminution des effets positifs et négatifs de l’excitation.

  1. La première étude démontre que l’effet de la solitude se produit lorsque les personnes sont seules (et uniquement seules).
  2. La deuxième étude démontre qu’une activité (lecture par ex) n’est pas responsable de la désactivation du sentiment de solitude.
  3. La troisième étude démontre que l’état d’excitation ne diminue pas, même en étant seul, tant que la personne est engagée dans un processus positif (une idée excitante) ou qu’elle reste maître de ses pensées.
    On peut être seul avec un flot de pensées différentes.
  4. Enfin, la quatrième étude démontre que la solitude conduit à la relaxation et à la réduction du stress dans la mesure où elle a été voulue.

Pour les relations à distance, l’éloignement est souvent mal vécu car la solitude réduit les effets positifs. Alors une personne amoureuse va souhaiter être stimulée de manière constante pour conserver ce bien-être.

Ces recherches présentent que la solitude est beaucoup mieux vécue et appréciée lorsqu’elle est désirée.
Elle atténue nos sentiments les plus exacerbés et elle est utile pour contrôler notre flot d’énergie et de pensées.
Les effets se ressentent d’autant plus positivement que la solitude est voulue.

Nous avons le choix de subir, de se laisser submerger par nos émotions mêmes les plus négatives. Après tout pourquoi pas, ces émotions existent on ne peut pas les renier.
Et puis nous avons aussi le choix de garder et d’entretenir nos pensées positives.
Il y a une tonne de choses à faire, à découvrir, de voyages à réaliser, de personnes à rencontrer, de livres à bouquiner, de jeux à tester, …

Un article viendra compléter ces idées ^^


Sources :


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